Rapport d’activités du 2ème trimestre 2017 du projet d’amélioration de l’insertion socio-économique des jeunes de 09 à 16 ans victimes du travail dans les sites d’orpaillage traditionnel de la province du Kourwéogo

Le 19 avril 2017, une équipe du partenaire technique et financier du projet conduite par le représentant pays de Solidar a été reçue à APDPK pour une rencontre de travail pour faire le point des activités du premier trimestre et d’en tirer des leçons pour la planification du deuxième trimestre. Cette rencontre a été cruciale pour la planification du deuxième trimestre parce qu’elle a permis de préciser les filons qui devrait être suivis.
Cette rencontre a ainsi permis de faire le point sur les activités du premier trimestre et de voir les priorités du deuxième trimestre et du reste de l’année.
En effet, des activités de sensibilisation et des clubs des jeunes en passant par les plaidoyers et la capitalisation, des suggestions et des recommandations ont été faites pour améliorer l’intervention et augmenter les chances de la réussite de ce projet pilote.
Ces recommandations avaient trait à l’urgence de travailler à faire sortir les enfants du site pour les placer pour au moins la formation professionnelle ainsi que leur retour en famille. Leur inscription pour l’école devrait suivre pour ceux qui repartent à l’école.
Pour les clubs jeunes, des suggestions ont été faites de couvrir d’avantage d’écoles et de trouver un moyen pour suivre les abandons vers les sites de ces dernières années afin de mesurer par la suite l’impact du projet sur celles-ci. Aussi, les témoignages qui sont utilisés par des élèves pour les élèves devraient être suffisamment documentés.
Il a été recommandé aussi de travailler à assurer une bonne capitalisation des activités du projet (film documentaire relatant tout le processus du projet, photos, approche du projet).
Ces observations ont entrainées la modification du budget initial pour recadrer les activités afin d’assurer la réussite du projet.
Après cette première visite de travail, une rencontre de trois jours des partenaires de Solidar s’est tenue au siège de la structure à Ouagadougou en présence de la chargée de programme de Solidar en Suisse venue pour la circonstance. Au cours de cette rencontre, les différents partenaires ont présenté leur bilan d’exécution. Un renforcement des capacités en suivi évaluation animé par la chargée de programme a suivi ce bilan. Elle a par la suite effectuée une mission terrain à Boussé pour voir l’évolution du projet le Samedi 13 mai.

II. Résultats pour la période concernée

Dans le domaine des sensibilisations et l’identification des jeunes qui veulent sortir du site
30 activités de sensibilisation étaient prévues et avaient pour objectif de sensibiliser les populations des sites sur des thèmes liés au travail des enfants et à ses conséquences ainsi que les solutions qu’on pourrait apporter.
Au cours du deuxième trimestre et à la suite du premier, les animateurs ont assuré la sensibilisation sur les sites de Garga et de Silmiougou. Ils ont pu ainsi toucher 110 personnes dont 51 femmes. Parmi ces 110 personnes, 82 étaient des enfants d’au plus 16 ans et on y dénombrait 40 jeunes filles.
Les thèmes abordés étaient relatifs :
• au travail des enfants
• aux pires formes du travail des enfants
• à ce que n’est pas le travail des enfants : l’exemple de l’aide aux familles
• aux conséquences du travail des enfants
• à ce qu’on faire
• au fait que les enfants ont des droits
A travers ces sensibilisations, il a été procédé au recensement des enfants qui souhaitent quitter des sites. Une fiche d’identification a été conçue à cet effet.
70 enfants âgés de 9 à 16 ans qui ont manifesté le souhait de quitter le site ont ainsi été recensés pour :
• repartir à l’école pour ceux qui avaient abandonné les classes (12) ou se faire inscrire parce qu’ils n’avaient pas encore fréquenté (5)
• repartir en famille pour rejoindre leurs parents (17)
• faire une formation professionnelle (36).
Au cours de ces identifications, les enfants, leurs patrons et leurs parents ont été expliqué sur tout le processus de retrait des jeunes des sites, des opportunités qui leurs sont proposées et des acteurs qui sont impliqués.
L’identification des centres de formation et des ateliers qui abriteront les jeunes sortis des sites.
Cette phase a été nécessaire pour trouver des ateliers et centres de formation pour les 36 jeunes qui veulent faire une formation professionnelles qui se répartissent comme suit :
- Coiffure : 4
- Couture : 13
- Menuiserie : 3
- Soudure : 2
- Mécanique : 14
Pour ce faire, 11 ateliers et centre de formation ont été identifiés pour leur permettre de recevoir une formation adéquate afin d’intégrer la vie professionnelle décemment :
• Un atelier de soudure
• 2 ateliers de mécanique
• 1 salon de coiffure
• 3 ateliers de couture
• 1 atelier de menuiserie
• Une boulangerie
• Un centre de confection de grillage (ATY)
• Un centre de formation (CFPC)
Dans un premier temps, les patrons des ateliers ont exprimé leurs besoins (matériel initial, appui aux maitres formateurs, alimentation de midi et du soir des enfants, logement, santé, …
Les montants étant exorbitants par rapport aux lignes budgétaires disponibles, les personnes ressources de la structure ont été mises à contribution pour faire des plaidoyers auprès de ces responsables d’atelier. Les coûts ont été alors substantiellement réduits mais restant dans une marge qui n’allait pas entamer la qualité de la formation.

Prise en charge multisectorielle des jeunes


Prise en charge socioprofessionnelle :

Une fois recensés et les ateliers et centres de formation identifiés, les jeunes devaient être installés chacun dans son atelier afin de bénéficier d’une formation professionnelle pour une réintégration professionnelle réussie. Au préalable, ils sont (15 enfants) venus visiter les ateliers pour déjà avoir une idée pour se préparer à quitter définitivement le site. Il s’agissait d’un atelier de coiffure, de deux ateliers de mécanique et trois de couture.
Les parents (parents biologiques ou leur tuteur) ont été d’abord contactés pour expliquer le projet, puis ils ont été réunis et rencontrés pour discuter des conditions dans lesquelles cela allait se passer (enfants logés à Boussé ou dans d’autres localités autres que les sites, nourriture, santé, suivi/accompagnement) pour qu’ils soient suffisamment impliqués dans cette prise en charge.
13 parents ont pu être rencontrés à Garga et 4 à Silmiougou.
Deux rencontres ont été nécessaires pour permettre aux parents d’avoir toutes les informations et de s’impliquer franchement pour la bonne marche du projet.
Chaque parent s’est engagé à trouver le parent proche qui servira de tuteur pour son enfant.
Au total, au moins 20 enfants suivront la formation professionnelle dans un atelier ou au Centre de Formation Professionnelle en Construction (CFPC) et les efforts seront concentrés sur eux.
Ces enfants bénéficieront de kits ou de matériels initiaux en fonction du métier et décidé avec le maitre formateur, d’une inscription à la mutuelle de santé de Boussé, de la prise en charge de son alimentation de midi et une partie du soir, et des habits. Le logement, une partie de la nourriture du soir seront du ressort des parents.
Les maitres formateurs pour les 15 jeunes qui seront dans les ateliers ont reçus les ressources et ont déjà payé le matériel initial pour le début de la formation. Ils ont avec eux aussi les ressources pour la nourriture de midi pour les jeunes qui seront chez eux. Des conventions sont signées avec les responsables des ateliers pour matérialiser tout cela.
Toutes les démarches ayant déjà été effectuées, 6 jeunes ont pu être placés et ont déjà commencé leur formation dans trois ateliers (deux de mécanique et un de couture). Avec les parents de ces derniers, des tuteurs ont été désignés pour assurer leur logement. 9 autres sont en attente et seront placés dans de brefs délais.

Leur temps de formation va de 6 mois pour la coiffure à 3 ans pour la couture et la mécanique. Mais il a été convenu avec les patrons des ateliers qui abritent ces jeunes qu’après 6 mois de formation, ils seront réemployés comme stagiaires payés par l’atelier ou comme employés si leurs compétences le permet. Des conventions sont signées au début de la formation des jeunes entre APDPK, le patron de l’atelier et le bénéficiaire.
Les autres enfants qui ont été recensés et qui souhaitaient faire une formation professionnelle (17) seront accompagné mais ne pourront pas recevoir tout l’appui qu’ils devraient avoir comme les 20 premiers. Ils seront ainsi conseillés et orientés vers des ateliers qui souhaiteraient en recevoir.

Prise en charge scolaire

Parmi les 70 enfants recensés, 17 veulent commencer l’école ou y repartirent. En effet, 05 enfant âgés de 9 ans et qui n’ont jamais fréquenté souhaite commencer l’école.
Les 11 autres, ayant déjà fréquenté souhaitent reprendre.
Le processus de recherche de place et de bonnes conditions d’existence a déjà permis d’avoir 7 places pour 7 élèves de primaires (2 CP1, 3 CE1 et 2 CM1). Ils ont abandonnés l’école pour la plus part en 2016 soit une année scolaire blanche.
Pour les autres, des places seront trouvées de concert avec la Direction Provinciale de l’Enseignement Nationale et de l’Alphabétisation (DPNA) qui ne ménage aucun effort pour accompagner le projet comme tous les services déconcentrés (Action sociale, Droits Humains, …), la gendarmerie, la Police, la mairie, les élus locaux et tous les partenaires qui s’investissent pour la réussite de ce projet pilote.
Pour ces enfants qui iront à l’école, leurs besoins en scolarité, tenue scolaire, fourniture scolaire, moyen de déplacement si nécessaire, alimentation seront assurés.

Réintégration des enfants dans leur famille

17 enfants (dont 10 filles) avaient exprimé le souhait de repartir chez eux en famille. 3 ont déjà quitté le site de Silmiougou pour rejoindre leurs parents. Ces jeunes en plus du transport qui va les conduire chez eux bénéficieront d’activité génératrice de revenus qui pourra leur procurer des revenus afin de contribuer à la fixer en famille. Ces AGR seront mise en place en fonction de leur profil.
Ils seront aussi inscrits dans la mutuelle de santé et leurs familles recevront des dotations alimentaires.
Ils seront suivis hebdomadairement comme les autres enfants de concert avec leurs parents.

Animation des clubs jeunes

Cette activité devrait connaitre une intensification ce trimestre à la suite du premier mais a été considérablement ralenti a cause des devoirs, des compositions, des examens de fin d’année et des vacances scolaires.
Sur 50 animations prévues pour ce trimestre, seulement dix-sept a pu être réalisé dans les lycées et collèges du provincial et du municipal et de Toeghin ainsi que dans les écoles primaires.
En effet, étant aussi concernées par la déscolarisation des élèves vers les sites de Garga et de Silmiougou, les écoles primaires des quatre circonscriptions de l’enseignement de base (CEB) du Kourweogo ont été touchées. Il s’agissait des écoles de Pessalga, Gorpila, Tanghin et Singdeghin relevant de Toéghin et celles de Garga de Boussé C, de Watinonma et du secteur 2 relevant de Boussé. La Directrice Provinciale et les inspecteurs des CEB ont favorisés la programmation des animations dans les écoles primaires.
Au total, 242 élèves dont 144 filles ont été touchés.
Des T-Shirts avec des messages de sensibilisation (« Stop au travail des enfants », « Tout le monde peut et doit faire quelque chose contre le travail des enfants », …) ont été confectionnés pour les élèves qui assurent les animations mais aussi comme récompense lors de ces mêmes animations pour des élèves qui se seraient montrés brillants pour leurs réponses aux questions posées par les animateurs.
A cours de ces sensibilisations, les informations sur les déscolarisations ont été collectées mais pas dans tous les établissements du fait de l’absence au passage des équipes des premiers responsables. On a ainsi eu dans la seule école primaire de Garga qui compte 3 classes 6 abandons en 2016.

Plaidoyer et capitalisation
Plaidoyer

Pour ce trimestre, les plaidoyers étaient ciblés. Ils ont été adressés aux parents des enfants, aux responsables des centres de formation et des ateliers ainsi qu’aux responsables des écoles, lycées et collèges.
Pour les parents des enfants, après le recensement, ils ont été contactés individuellement pour informer sur le projet. Ensuite, des personnes ressources de APDPK ont été au village s’entretenir avec eux tous en groupe pour s’assurer d’une compréhension commune du projet et des attentes des différentes parties. Une dernière rencontre de plaidoyer a été nécessaire pour régler le problème de logement des enfants.
Les plaidoyers auprès des responsables des centres de formation quant à eux ont consisté à revoir leurs propositions financières pour rentrer dans le budget du projet. il a été ainsi pour les ateliers de couture, de coiffure et de mécanique identifiés au préalable. Aussi, au vu des durées des formations (au moins 2 ans pour la mécanique et la couture), il a été négocié avec eux la mise en stage payé ou le réemploi des jeunes qui seront formés dans leur atelier après 6 mois de formation.
Des conventions tripartites seront signées avec les patrons, APDPK et un tuteur/parent majeur du jeune.
Pour les plaidoyers après des responsables des écoles, lycées et collèges, deux stratégies ont été utilisées pour le plaidoyer :
• Les rencontres de plaidoyer auprès des premiers responsables des lycées et collèges et
• Par la DPNA, l’éclairage de tous les enseignants sur la question dle projet et ses objectifs ainsi que la mise à disposition des places d’enfants dans les écoles primaires concernées (Garga, Silmiougou, Mouni et Boussé).
Dans l’ensemble, les plaidoyers ont été très utiles car ils ont véritablement contribués à trouver des solutions aux problèmes qui se sont posés.

Capitalisation

Au niveau de la capitalisation, la création du site web de APDPK a été acté avec l’association Yam Pukri. Le site sera opérationnel au cours du troisième trimestre.
Le deuxième aspect a concerné la réalisation d’interviews initiales et un documentaire. Un spécialiste de la communication et de la réalisation de films documentaire de BF1 a été engagé pour cette activité. Un scénario a même déjà été proposé et les premières prises de vue ont été faites. Cette activité continue jusqu’au quatrième trimestre devra nous permettre de disposer d’un film documentaire de courte durée d’ici à la fin de la mise en œuvre du projet.
Pour la définition de l’approche du projet qui concerne la troisième partie de la capitalisation, un outil a été élaboré (Cf annexe 1). Il nous permettra de définir l’approche de APDPK pour cette thématique.

III. Acquis

- Les centres et ateliers de formation sont prêts pour accueillir les jeunes qui quitteront les sites en leur donnant le choix d’un réemploi après 6 à 8 mois de formation
- Les prestataires qui seront chargés d’assurer la capitalisation ont été identifiés et sont déjà à pied d’œuvre
- Les acteurs administratifs, politiques et privés sont disponibles pour accompagner le projet

IV. Difficultés

La difficulté majeure pour cette période concerne l’hébergement des jeunes pour le temps de leur formation. En effet, sur la vingtaine d’enfants qui doivent être placé en formation à Boussé, seuls 6 ont leurs propres parents dans la ville. Les autres ayant les leurs essentiellement à Silmiougou, à Garga, à Nasrtenga mais aussi dans d’autres villages. Ces derniers devraient désigner des tuteurs chez qui, leurs progénitures pourront loger et suivre le stage sereinement, mais, cette phase qui a un rôle fondamentale dans la réussite du projet a beaucoup trainé.
La deuxième difficulté concerne l’âge des enfants et la durée des formations. En effet, le souci majeurs exprimé par les maitres formateurs quant au réemploi des jeunes qu’ils vont former est leur âge. Pour ceux qui auraient 16 ans voir 15 à la limite, ils pensent que cela peut aller. Mais pour les autres qui ont 11, 12 voir même moins que ça et la formation qui doit durer entre 6 et 8 mois seulement, ils pensent que ces derniers ne pourront pas être réemployé et être productifs. Ils préféreraient assurer leur formation 2 ou 3 ans complets avant d’envisager les réemployer.
La troisième difficulté est relative aux animations des clubs des jeunes ou la programmation trimestrielle n’a pu être épongée à cause du faite que les membres des clubs devraient composer leurs devoirs, compositions ou examens de fin d’année, et que ceux-ci était valable pour les élèves qui devraient être sensibilisés. En plus les vacances sont intervenues sans qu’ils aient pu réaliser beaucoup d’activités.


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